Les 8 erreurs à éviter en franchise

 

Réussir dans le monde de la franchise n'est pas aussi simple qu'il n'y paraît tant les écueils sont nombreux. Avant de signer le moindre contrat et vous lancer dans cette passionnante aventure, mesurez-en les risques et limitez-les au maximum. Voici les huit erreurs courantes à éviter absolument.

1 - Ne pas être suffisamment méfiant



Les franchiseurs beaux parleurs existent bel et bien et savent parfaitement s'y prendre pour attirer de futurs candidats justifiant d'un apport financier intéressant. Un discours bien rodé et des chiffres gonflés à l'appui suffisent à faire tourner la tête aux personnes trop crédules et facilement influençables. N'hésitez pas à vous renseigner sur l'historique de la société. En vigueur depuis 1989, la loi Doubin fait obligation aux franchiseurs, au moins 20 jours avant la signature du contrat, à délivrer certaines informations relatives à l'historique de l'enseigne, à la liste des membres du réseaux et celle des démissionnaires dans l'année, le bilan des deux derniers exercices...

2 – Choisir un réseau à risques


Plusieurs points sont à étudier avant de signer votre contrat. Une analyse en amont vous évitera de rejoindre un réseau à terme peu attractif, voire malhonnête. Assurez-vous tout d'abord :

  • Que votre apport reste cohérent avec la supposée rentabilité de l'affaire. Un investissement de départ très élevé doit vous alerter si ce dernier n’est pas justifiable. Une franchise payée très cher sera difficile à rentabiliser et n’est pas la garantie d’un haut rendement.
  • Que votre investissement est justifié au regard de l'animation interne du réseau (formation des franchisés et autres prestations). Un droit d’entrée élevé doit faire écho à des services adaptés. Si rien n'est clair dans les explications apportées, c'est signe que le franchiseur manque de transparence... Donc méfiance !
  • Que le réseau, s'il est récent, ne se développe pas trop vite. Des franchises à l'expansion déraisonnable qui ouvrent un peu partout tous les mois sont rarement pérennes. Il en est de même avec les têtes de réseaux qui changent régulièrement ! Un turn-over anormalement important doit vous alerter. Une telle situation n'augure rien de bon pour le soutien, la disponibilité, la qualité d'écoute et de conseil à l'encontre des futurs franchisés.

En plus des documents du franchiseur, procurez-vous des études fiables qui vous aideront à mettre en évidence les avantages et les inconvénients de chaque réseau.

3- Mal évaluer la rentabilité du concept


Il arrive que des franchisés attendent des années pour pouvoir se rémunérer décemment. Vous pouvez ainsi gagner des sommes très en-dessous de ce qui vous avait été annoncé. Une entreprise franchisée est considérée comme franchise rentable lorsque le cumul de ses résultats nets avant impôts (une fois toutes les charges payées y compris le salaire du franchisé) dépasse l'apport personnel du franchisé. Les royalties calculées sur le chiffre d'affaire hors taxe doivent vous assurer un retour sur investissement pour récupérer votre capital de départ dans les 5 ans.

4 - Sous-estimer l'importance d'une étude de marché


Une franchise est un commerce comme un autre, non dénué de risques, et penser que tous les points de ventes connaissent le même succès serait fort mal venu. Un grain de sable peut vite faire capoter une affaire. L'implantation d'un concurrent à proximité, une clientèle qui se fait désirer, un concept qui ne marche pas dans le secteur... On n'oublie pas l'importance de la situation géographique et la réalité d'une affaire qui "cartonne" à Paris et peut faire faillite à Bordeaux. L'excitation de cette nouvelle aventure ne doit pas faire oublier la prudence élémentaire qui consiste à procéder à une étude de marché rigoureuse afin de mettre en évidence les risques potentiels liés à l'implantation d'une franchise à tel ou tel endroit.

5 - Croire que tous les contrats de franchises se ressemblent


Aucun contrat de franchise ne ressemble à un autre. Les différences sont nombreuses d'une franchise à l'autre que ce soit au niveau du montant des droits d'entrée, des royalties, de la durée du contrat, des clauses de non-concurrence.... Ces disparités font que certains réseaux sont plus contraignants que d'autres. Pour éviter de vous engager trop vite et de le regretter plus tard, étudiez soigneusement les termes et les clauses du contrat. Prenez le temps d'examiner le document et n'hésitez pas à poser toutes les questions nécessaires avant de signer.

6 - Sur-estimer vos capacités


L'expérience n'est pas innée en franchise. Se croire au-dessus de tout et penser détenir le savoir serait une lourde erreur. Chaque dirigeant possède des qualités en certains domaines mais aussi des défauts. Un excellent gestionnaire peut ainsi se révéler un piètre manager, un redoutable commercial un très mauvais comptable... Pour mettre toutes les chances de réussite de son côté, le franchisé ne doit pas hésiter à s'appuyer sur des experts dans divers domaines (chasseurs de tête, juristes, comptables, spécialiste en agencement de vitrine...).

7 - Sous-évaluer vos besoins financiers


Lors de l'élaboration du plan de financement il est conseillé de prévoir une marge suffisamment large pour éviter les ennuis financiers qui pourraient survenir très vite. L'activité risque de se révéler plus longue que prévue à démarrer et des imprévus ne sont pas exclus pouvant générer une baisse du chiffre d'affaire. Il convient donc d'avoir "les reins solides" pour pallier toute mauvaise surprise. La solution consiste à disposer d'une trésorerie suffisamment importante pour traverser les tempêtes...

8 – Oublier de protéger votre patrimoine personnel


Opter pour une franchise est une aventure passionnante et épanouissante pouvant cependant amener le futur dirigeant à perdre tout ou partie de son patrimoine personnel. Pensez à séparer votre patrimoine personnel existant ou futur de celui de votre entreprise en créant une nouvelle personne morale. Adaptez votre régime matrimonial et choisissez pour cela le statut juridique qui correspond le mieux à votre profil.

 

Par Patrick RUICART, Observatoire de la Franchise